Témoignage d’un parent d’élève

ecole paul langevin villejuif

Bonjour Shérazade, peux-tu te présenter pour nos lecteurs du blog « Décidons Villejuif » ?

« Je m’appelle Shéhérazade, j ‘ai habité Villejuif où  j’ai été représentante des parents d’élèves à l’école Langevin de Villejuif pendant plusieurs années. Je vis maintenant dans la région de Lyon où je me suis investie à nouveau dans une association de parent d’élèves car pour moi il est essentiel que les parents œuvrent ensemble avec les enseignants et la municipalité dans l’intérêt des élèves, nos enfants. »

Compte tenu de ton expérience de parent d’élèves villejuifois quel constat poses-tu sur la situation scolaire dans notre ville ?

« Dans une même ville coexiste des quartiers géographiquement mitoyens mais socialement différents. Prenons deux groupes scolaires très proches : Jean Vilar au centre et Langevin (REP) aux quartiers sud,  le même statut d’école publique mais l’une est désirée, l’autre est fuie. Les parents d’élèves scolarisés en REP se sont  toujours posés des questions sur le rôle de la municipalité dans les écoles REP.

  1. un enfant fréquentant une école classée «REP» peut il un jour être candidat pour entrer dans une grande école? Peut-il prétendre à une grande université?
  2. Le visage de l’école est il compatible avec les attentes des uns et des autres, et surtout  de ceux qui lui ont donné le premier souffle, de Jules Ferry à Jean Zay
  3. La qualité de l’enseignement est elle liée au quartier, à la zone résidentielle, ou au milieu social?
  4. Et si on retire  l’étiquette REP à mon école que se passe-t-il ? Les conditions d’enseignement seront-elles toujours les mêmes ?
  5. La quitterons-nous pour mettre l’enfant dans une structure privée ? Certains parents pensent que c’est  une solution non pas alternative mais impérative pour donner plus de chances de réussite de l’enfant.

Un regard lucide nous permet de palper une partie de la vérité, l’école n’est pas ou plus, le lieu où les conditions d’acquisition sont identiques pour tous, reparties équitablement entre tous les enfants quel que soit le milieu social dans lequel il évolue. L’école publique est devenue une école à deux vitesses, alors qu’elle est sensée être un lieu d’égalité de chances. »

A ton avis, que peut faire une municipalité face à cette situation ?

« Pour nous, elle doit effacer cette disparité en retravaillant la sectorisation pour plus de mixité sociale, doit tout faire pour mettre les moyens dans les écoles REP pour lui éviter la ghettoïsation, car si celle-ci est privée de ses moyens elle fera fuir les familles de classe moyenne en direction du privé.

Elle doit être dans une démarche de soutien avec les familles des quartiers défavorisés, par exemple en terme d’aide aux devoirs, mettre en place un accompagnement spécifique pour  les parents dont les enfants ont des difficultés d’apprentissage ou des problèmes sociaux.

Le ou la futur-e maire doit, dans toutes les écoles, investir pour une école plus confortable et plus agréable et doit absolument agir sur la qualité périscolaire et de la cantine, en formant ses animateurs et ses encadrants, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Le taux d’encadrement n’est pas toujours respecté, la mairie reste incapable de remplacer un animateur malade ou absent.

Il faut que la municipalité soutienne les projets pédagogiques des écoles approuvés par l’IEN.  Elle doit contribuer efficacement à la modernisation de l’école, elle doit être ouverte aux technologies et au numérique. Il est scandaleux, de voir le nombre de fois ou les directeurs d’école se sont retrouvés sans connexion, ne pouvant même pas envoyer un mail et du coup n’ont pu avancer dans leur travail.

D’année en année, les associations de parents d’élèves se retrouvent à financer les projets d’écoles en vendant régulièrement des gâteaux, en mettant en place des actions pour financer l’école de leurs enfants, en participant au vivre ensemble des familles des quartiers défavorisés (fête de quartier, fête d’école, chasse aux œufs etc.)

A mon sens, cela devrait relever d’une obligation municipale. Tout cela, n’encourage pas les nouveaux parents à s’investir dans la vie scolaire de leurs enfants car c’est devenu une charge. L’école publique compte beaucoup sur les parents élus pour palier ses manques. Ce n’est pas normal

Shéhérazade

En savoir plus sur le rôle des communes : l’enquête éducation de Ville et banlieue.

Et vous, vous en pensez quoi ? Pour prendre le pouvoir, il faut d’abord prendre la parole: le questionnaire, c’est par ici ! 

A lire sur cette thématique de l’éducation et la petite enfance :

Il faut tout une ville pour éduquer un enfant
Les accueils de loisirs, soyons ambitieux
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Accueil de loisir et handicap, et si on décidait de le faire!!!
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Pour prendre la parole sur nos 7 autres thématiques : tous les questionnaires, c’est par ici !

 

 

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