Renouer avec les agents municipaux, acteurs du service public local

mairie villejuif

Interpellé par les syndicats représentants les agents territoriaux de Villejuif, Décidons Villejuif a souhaité répondre à leurs interrogations dans différents domaines.

En effet, nous ne sommes pas sans savoir que beaucoup d’entre eux souffrent de conditions de travail extrêmement délétères et qu’il est donc important de renouer les liens pour que les agents puissent faire ce qui leur tient à cœur : remplir au mieux leur mission de service public.

Voici les réponses apportées aux différentes questions présentes dans la lettre ouverte des syndicats CGT.

Quels sont vos engagements en matière de consultation du personnel et de dialogue social ? Etes-vous prêts à développer une démarche de management alternatif au « management par la terreur et le cri » actuellement en place ?

Le dialogue social, devenu inexistant doit être rétabli avec les organisations syndicales, les plus à même de transmettre les difficultés, les interrogations et suggestions des agents du service public local. Nous souhaitons favoriser l’expression par les agents de leurs vécus de professionnels : acteurs du service public local, les agents sont sur le terrain, au plus près des habitants et de leurs attentes et incompréhensions parfois face aux démarches administratives. Les modalités de ces consultations des agents seront discutées avec les organisations syndicales : formulaires anonymes, réunions thématiques ou de secteur, etc. Cette démarche va de pair avec le type de management que nous appelons de nos vœux.

En matière de management : Favoriser l’innovation publique territoriale.

Les agents du service public sont les premiers questionnés par les habitants. Leur expérience professionnelle les a amenés à tester différentes procédures, organisations de leurs services. Ce vécu est une richesse et les agents doivent pouvoir exprimer leurs réserves, leurs suggestions d’amélioration sans craindre des représailles ou sanctions. La démarche de l’innovation publique territoriale vise à trouver avec les agents, les usagers, les habitants la meilleure organisation et procédure administrative en acceptant de tester une configuration, de se tromper, donc de l’ajuster, la faire évoluer. Cela n’est possible que si une relation de confiance est rétablie et elle passe par un management où les agents ont la parole et où leur expertise est reconnue. Le service public est de plus en plus décrié. Le faire évoluer intelligemment avec les habitants et les agents est la meilleure manière de faire la démonstration de son rôle essentiel.

Comment comptez-vous lutter contre les inégalités femme-homme au sein de la collectivité ?

L’égalité femme-homme est une exigence qui se travaille sur plusieurs fronts. D’abord une analyse des traitements et progressions de carrière par genre qui doivent être alignés. Ensuite par tout un travail de sensibilisation, à Villejuif comme partout en France. Un congé de maternité ne peut faire l’objet de reproches, de frein à la carrière, pas plus que les aléas que connaissent tous les parents d’enfants en bas âge (et ce n’est pas que le problème des mères). Et évidemment toute remarque sexiste et plus généralement discriminatoire est à proscrire, même sous couvert d’un soi-disant humour. Car l’enjeu est de promouvoir des relations professionnelles saines.

Etes-vous prêts à remettre à plat les questions de régimes indemnitaires (critères, conditions, transparence) ? 

La transparence est une des règles que Décidons Villejuif souhaite promouvoir à tous les niveaux et donc en matière de rémunération notamment. Nous proposerons aux organisations syndicales d’échanger sur les modalités d’attribution des primes et de progression de carrière afin d’en assurer la transparence et l’équité. Les critères doivent être écrits, choisis en concertation avec les OS, valables pour tous les services et consultables.

En matière d’activités sociales et culturelles (équivalent d’un CE), gestion par les agents ou un prestataire privé ?

Les agents seront consultés sur cette question afin que l’action sociale et culturelle corresponde à leurs besoins et attentes. Il est essentiel que tous les agents aient connaissance et accès aux prestations et activités subventionnées, ce qui n’est pas toujours évident avec un prestataire privé.

En outre au moins pour certaines activités locales, qui ne seront jamais proposées par un prestataire national privé ou en tout cas pas au même niveau, il semble pertinent que les agents bénéficient d’un budget qu’ils géreraient.

Etes-vous prêts à l’arrêt des recrutements précaires sur des besoins permanents ? Etes-vous prêts à titulariser les agents en contrat à durée déterminée ?

Pour un besoin permanent, un recrutement précaire n’est jamais qu’une solution de fortune. Si le besoin est permanent, la solution doit l’être afin de permettre une formation de l’agent recruté et un service public de qualité. De même, les titularisations (ou CDIsations) doivent être proposées, lorsque les textes le permettent et que les agents ont fait preuve de leur qualité. C’est tout l’intérêt de la Ville de fidéliser les agents et de les accompagner dans leur déroulement de carrière en favorisant la formation.

Etes-vous prêts à l’arrêt des privatisations et le retour en régie (entretien des rues, des écoles, travaux dans les bâtiments etc.)?

La privatisation n’est intéressante que pour des prestations ponctuelles ou d’une technicité très spécifique.

Les services publics ont vocation à être assurés par des agents du service public et ce d’autant que, contrairement aux entreprises privées, la préservation des marges n’est pas un critère de décision.

Etes-vous favorables à une prise en charge des complémentaires santé et maintien de salaire à même hauteur que dans le privé ?

Mutuelles, prévoyance, la Ville doit accompagner les agents pour éviter le non recours aux soins faute de moyens, un fléau dans la ville comme pour certains des agents. De même, le jour de carence n’a pas fait preuve de son efficacité et doit, comme dans certaines conventions collectives du privé, être pris en charge par la collectivité.

1 Comment

  1. Il faut arrêter de croire que la conscience professionnelle et proportionnelle au niveau d’étude et de responsabilité. Bien faire son travail, sereinement, être reconnu comme un acteur et non un pion, être bien payé, voilà le désir de tout fonctionnaire et le moteur d’un service public performant.

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